Lettre 83, terminus !

ou les restes d’Éthiopie et autres aventures de février à décembre 2011
mardi 27 décembre 2011
par  Webmestre
popularité : 4%

Profitant de la venue d’amis et de la famille, nous voilà repartis à la découverte de l’Éthiopie. Tout commence par un tour sur les hauteurs d’Addis-Abeba. Le but de la balade est de grimper à 3 200 mètres d’altitude à la recherche des hyènes qui se dorent la pilule au soleil. Le ciel est menaçant, mais nous y allons quand même. Quelques gouttes d’eau accompagnent notre recherche des bestioles à pois. Hervé décide de poursuivre la balade comme prévu en achevant une boucle sur les crêtes des collines d’Entoto. La pluie s’intensifie. Cela a pour effet de former une couche boueuse sur la piste sèche. Très vite, une épaisse couche de boue colle aux pneus. Pour vous donner une idée, la piste a la même adhérence qu’une route enneigée et glacée. Le 4x4 part en travers, les phases de descente sont folkloriques. Les pierres de part et d’autre de la piste invitent à la prudence. La charmante balade tourne à l’exercice de conduite sur glace. Tout s’est bien fini, voilà une nouvelle compétence acquise !
Une partie du groupe est mise entre les mains d’un voyagiste pour un cap dans la vallée de l’Omo à la rencontre des tribus.

De notre côté, nous préparons notre virée en commençant par faire le plein de la voiture. Le pompiste tente l’arnaque classique, à savoir la non-remise à zéro de la pompe. Après un coup de gueule, tout rentre de l’ordre, le pompiste étant de sa poche des quelques litres mis dans le réservoir avant l’effective remise à zéro.

Et nous voilà prêts pour le départ. Nous mettons également le cap au sud pour retrouver l’équipe précédemment engagée sur la route.
Notre première étape est sans histoire, au Sabana. L’hôtel est rudement bien conçu. Le confort y est excellent et les tarifs des plus raisonnables. C’est une adresse rare dans le quartier. Hervé en profite pour faire découvrir le parc Shala et Abijata. Le pauvre espace protégé n’est plus que l’ombre de lui-même. Les quelques animaux sauvages qui demeurent sont dans des enclos. Les troupeaux ont pris le pas sur les gazelles, autruches et autres félins. Il reste deux superbes lacs, et des paysages des plus sympathiques.
Le jour suivant nous partons pour Arba-Minch. Pour changer de la route exécrable qui relie Sodo à Arba-Minch, nous tentons un passage par Chencha à travers le pays Dorzé. Mais avant, il faut se faire la route entre Shashemene et Sodo. Elle est en travaux. La chaussée est passablement défoncée. C’est par miracle que nous ne cassons pas d’amortisseur  [1] !

La piste par Chencha grimpe à travers la montagne. Elle culmine à plus de 2 900 mètres d’altitude. Les virages s’enchainent laissant apparaître de superbes paysages cultivés. Le style si caractéristique des maisons Dorzé émaille notre parcours. Ce crochet vaut vraiment le détour !

Le soir venu nous avons rendez-vous avec un guide local qui nous aide à organiser notre journée du lendemain. Nous programmons une visite inattendue dans le parc Nechissar, du poisson grillé et une croisière sur le lac.

La surprise est donc la possibilité d’entrer dans le parc. Il se dit tant de choses sur cet espace qu’il est difficile d’organiser une incursion dans cet espace naturel. Les obstacles sont de deux ordres : les bandits de grand chemin et une piste complément défoncée. Pour les bandits, nous avons de la chance, nous ne les avons pas croisés. Pour la piste, oui, elle est cassante ! Il nous a fallu 4 heures pour faire 55 kilomètres, à la fantastique moyenne de 14 km/h. Elle est truffée de trous, de pierres, de montées raides et pierreuses. La boite courte est souvent sollicitée. Inutile de vous dire que le conducteur stresse un tantinet et n’a qu’une crainte, accrocher une pièce vitale avec un obstacle caché. Il n’a touché qu’une fois et sans causer de dégâts, ouf !

Tous les efforts du conducteur et des passagers copieusement bringuebalés sont récompensés par les paysages. La piste débute par des sous-bois pour attaquer le franchissement de trois collines en longeant les lacs Shamo et Abaya. Les vues sont aussi variées qu’inattendues. Au-dessus de l’eau, on s’imagine non loin de la baie d’Along. Et puis, après le passage d’un petit col en haut d’une montée sévère, une plaine s’ouvre à nous. L’herbe y est presque blanche. Les couleurs du petit matin subliment l’espace sauvage. Nous sommes accueillis par de nombreux zèbres, gazelles de Grant et gazelles Sommering. Nous avons la chance d’apercevoir un bubale de Zwain, espèce unique dans le quartier. C’est absolument somptueux et pour fêter cela nous ouvrons une bonne boîte de pâté basque depuis un point de vue joignant la plaine et les lacs. Le ravissement est total [2].

La balade achevée sans casse, nous mangeons un délicieux tilapia à la yéménite. Le poisson est ultra frais. Le plaisir est partagé par tous les convives.

L’après-midi est consacré à un petit tour sur le lac à la recherche des crocodiles et des hippopotames. Les bestioles sont là, énormes et en nombre. C’est toujours aussi impressionnant.

Nous quittons Arba-Minch pour Konso. Nous retrouvons le reste de l’équipe qui rentre des tribus du sud. Leur récit ne donne pas vraiment envie d’y faire un tour. La visite est largement pervertie par l’argent et les contacts sont bien maigres. L’alcool a fait son entrée dans la région et n’arrange pas vraiment la qualité des échanges.

Nous visitons Konso, petite ville qui a transformé son identité culturelle en business de bas étage. Il faut payer pour tout, y compris pour des zones que nous ne visitons pas. Ils forcent la dose, obligent à prendre un guide qui ne sert à rien. Mieux vaut connaître les tarifs et les règles du jeu avant de s’aventurer dans la découverte du lieu au risque de se faire plumer. Notre lodge est au diapason de la culture locale. L’architecture est pétrie de bonnes idées. L’accueil et la restauration sont très loin du standard affiché par les tarifs. Pour la petite histoire, le repas du soir est sous forme de buffet. Les quantités étaient notoirement insuffisantes (une demi-banane par personne en guise de désert !). Aude ne s’est pas laissé faire et a renégocié la prestation. Elle a obtenu satisfaction et ce n’est pas un petit exploit que d’arracher une ristourne !

Pour l’étape suivante, nous partons sur Yabelo. La piste est superbe et très roulante. Nous faisons des pointes à plus de 100 km/h sur la tôle ondulée. C’est spectaculaire et le conducteur ne doit pas lâcher son attention une seconde ! Les abords sont jalonnés de termitières et forêt d’acacias. Grâce à la présence d’un chauffeur professionnel dans la voiture qui nous précède, nous faisons halte à la découverte des puits chantants creusés profondément dans la terre. Une chaîne d’hommes est formée pour remonter l’eau. En se passant les seaux d’eau, ils chantent. Nous sommes chez les Borana.

La visite se poursuit plus au sud, non loin de la frontière kenyane. Au bord de la piste, dans un village improbable, un cratère s’ouvre. Trois cents mètres de dénivelées plus bas un lac de boue noire est la source locale de revenues pour la population. Les hommes y plongent pour récolter la boue noire dont ils extraient le sel. L’eau est acide. Le liquide destructeur entre dans le corps des plongeurs qui sont rongés de l’intérieur. Le sentiment de la visite est trouble. Que faisons-nous là ? Pas de réponse.

Notre parcours nous conduit ensuite à Yrgalem avant un retour sur Addis-Abeba après un arrêt à Awassa. Nous faisons halte pour visiter le marché aux poissons, payant. Pour aller voir le lac un peu plus loin, une nouvelle dime est à verser. Hervé refuse et choisit d’aller prendre un verre dans l’hôtel le plus chic de la ville, au bord du lac. L’opération est rentable, car c’est le même prix de prendre un café confortablement installé dans l’établissement de luxe que d’aller prendre l’air sur les bords du lac en payant le droit d’entrée. La logique devient difficile à suivre.

Nos vacances se prolongent sur Awash et se terminent sur Bishangari. Sur les 2 900 km, Hervé a crevé deux fois : un petit trou pas très gênant et une grosse crevaison qui a détruit le pneu, sur la plus belle route d’Éthiopie ! Un beau bout de bois que le conducteur n’a pas vu est entré dans le pneu. Ça a beaucoup fait rire chez le réparateur de pneus sur Addis-Abeba. Le parc d’Awash n’est plus qu’un vestige bien pâle de lui-même. Les troupeaux ont envahi l’espace. La vie sauvage se réduit de mois en mois. Heureusement que le lodge n’oublie pas d’augmenter ses tarifs pour un confort des plus rudimentaires !
Les dernières nouvelles montrent une dégradation généralisée de la qualité de l’accueil dans les différentes parties du pays. Les associations diverses et variées pullulent. Toutes obligent à prendre un guide, souvent inutile. Les tarifs demandés sont sans rapport avec le niveau de vie local. La stratégie risque d’en dégouter plus d’un.

***

En avril, nous sommes allés au Kenya. Nous y avons retrouvé Laetitia et Damien pour quelques jours de safari et de repos sur Mombasa. Déjà, prendre l’avion à Addis-Abeba est une aventure. On nous indique un terminal pour le vol. Bien sûr, le vol part de l’autre hall, distant de quelques centaines de mètres à faire à l’extérieur (pas de navette). Heureusement, il ne pleut pas. Notre avion est ponctuel, on apprécie. Deux heures de vol plus tard, nous atterrissons à Nairobi.
L’effet contraste est saisissant. L’accueil de très grande qualité, l’environnement naturel riche en vie animale, le professionnalisme des acteurs règnent en maîtres. Lions, guépards, léopards, otocyons, mangoustes, gazelles, hippopotames, girafes, singes, autruches, cobes et la liste est longue, nous ont rempli plaisir ! Comment ne pas faire le parallèle avec l’Éthiopie, dont les paysages et la richesse naturelle, pourraient rivaliser si…

Parc Nakuru


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Parc Masai Mara


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White Sand Mombasa - avec piscines !


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***

Notre dernière grande virée dans le pays est programmée pour les vacances de la Toussaint, à la découverte du loup d’Abyssinie. Pour le reste, le cap sera mis ailleurs…
Profitant de la venue de la tribu Aude, Franck and co, nous organisons notre dernier tour exploratoire en Éthiopie. L’objectif est la découverte des derniers loups dans les monts du Bale. Côté paysages et bestioles, rien à dire. Le plateau du Sanetti avec sa route (piste) à plus de 4 000 mètres tient toutes ses promesses. Les loups sont au rendez-vous. L’animal fait la taille d’un loup européen avec la robe du renard. C’est certainement l’animal sauvage le plus majestueux qu’il nous a été donné d’observer. Là où les choses se gâtent, c’est au niveau du racket pour entrer dans le parc. Le guide est obligatoire, il faut lui payer une nuit d’hôtel, etc. alors qu’il n’y en a pas besoin. Nous avons un chauffeur expérimenté qui connaît au moins aussi bien la zone que le guide. Nous payons pour ne pas prendre le passager supplémentaire. Cette anecdote est à comparer avec l’accès dans les parcs kenyans, autrement plus vastes, sans que l’accompagnement soit obligatoire. Allez comprendre…

Le reste du voyage est sans histoire si ce n’est quelques hyènes farceuses qui nous ont barré le chemin à Yrgalem lors de notre balade traditionnelle (à pied) en forêt. Elles étaient là où nous ne les attendions pas, surtout en pleine après-midi. C’était bien pour les photos et les émotions.

***

Dans l’attente de l’annonce de la nouvelle affectation d’Hervé, nous mettons le cap à Noël sur Dubaï pour une semaine. Que dire sinon que le dépaysement est total. Nous sommes revenus au xxie siècle. L’architecture laisse libre court à l’imagination des architectes. Les boutiques sont accueillantes, depuis les petites échoppes traditionnelles aux grandes marques dans les malls modernes.

Pour fêter les huit ans d’Inès, nous sommes allés à Aquaventure (Atlantis Dubaï). Le centre nautique est au bout du fameux palmier, ilôt artificiel gagné sur la mer. En passant, nous avons vu qu’un deuxième est en construction et le Monde est presque achevé. C’est un parc aquatique où nous passons notre temps dans des bouées à flotter. On se sent un peu ridicule, mais c’est tellement drôle ! Entre les rapides, la piscine à vagues, les remonte-pentes à bouées et les tuyaux qui donnent le tournis, toute la famille est en joie.

Au menu des festivités, outre la partie très moderne (mais très accueillante) de la ville, nous sommes partis dans les souks traditionnels. Les bijoux et les étoffes sont au menu. L’accueil est impeccable, on s’y sent fort à l’aise. La traversée du bras de mer s’effectue en bateau traditionnel. C’est rustique, mais d’une efficacité impressionnante, le tout pour quelques centimes. Pour faire bonne mesure, nous avons aussi pris le métro. Non pas qu’il soit plus rapide ou plus économique que le taxi, c’est juste une pure curiosité. Pour résumé, il est lui aussi très moderne, propre (que dis-je, impeccable), la signalétique est exemplaire. Nous avons marché des kilomètres et cela fait de bien de prendre l’air sans risquer les pickpockets ou de mettre les pieds dans quelques substances douteuses. Nous ne nous sommes pas lassés du spectacle architectural en perpétuelle évolution et nous avons savouré l’accueil professionnel en tout lieu.

Notre aire de jeux autour de l’hôtel El Manzil


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Les voyages par Emirates est à la hauteur de la compagnie aérienne. Les vacances débutent sur la passerelle d’embarquement ! Nous espérons être affectés dans une zone fréquentée par de telles compagnies.

Voilà, la lettre 83 s’achève et marque la fin des lettres d’Éthiopie régulières. Notre quotidien n’a plus grand-chose de bien exotique et les répétitions se multiplient. À suivre…si l’actualité est là et rendez-vous pour les lettres du Vanuatu, de Jordanie, du Ghana ou d’ailleurs !


Les photos des dernières balades :


[1En fait, la révision de septembre nous apprendra que la paire arrière d’amortisseurs est belle et bien morte. Le bilan de la virée de février se monte donc à deux amortisseurs et un train de pneus.

[2De retour, nous apprenons que des nouveaux cas d’attaque sont signalés.


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Le Khmer, ça vous parle ?

dimanche 22 janvier 2012

Comment apprendre les premiers mots de khmer simplement ?

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Sur le Web : Khmer

Metro, Monorail, et pas de taxi

dimanche 1er janvier 2012

Le métro fonctionne bien à Dubaï. Le monorail aussi, mais il n’y a pas de taxi à la sortie !

La ligne s’achève dans un centre commercial inachevé et sortir de la zone n’est pas simple. Le moyen de transport est somme toute drôle et pour en profiter, mieux vaut le prendre en début de ligne côté ville et revenir en taxi une fois la balade au bout du palmier achevée.

Sur le Web : Dubai Monorail

Aquaventure, mode d’emploi

jeudi 22 décembre 2011

Il y a des moments où on se sent un peu bête... Une fois entrés dans le parc Aquaventure, nous ne savions pas du tout comment faire ! Devons nous garder nos chaussures, nous changer ? Où poser nos affaires ?

En fait, c’est tout simple ! Il suffit de se changer dans les vestiaires, de rester pieds nus (le sol est fait d’un dallage assez doux, à l’ombre), de trouver une place sur une des plages et de trouver une bouée pour flotter au gré des courants et autre remontes pentes ! Ensuite, le courant et la pente nourrissent la suite du voyage. Les enfants ont adoré.